Juil 04

Le mix énergétique et la transition énergétique

Pour répondre à ses besoins énergétiques, chaque pays utilise les types d’énergie disponibles, dans des proportions différentes. C’est ce que nous appelons le mélange énergétique.

Alors que les chiffres varient considérablement d’un pays à l’autre, les combustibles fossiles dominent le mix énergétique au niveau mondial, représentant plus de 80% du total. C’est toujours le cas en France, comme l’indique Eric Lasery.

À propos du mix énergétique

Le terme «mélange énergétique» désigne la combinaison des diverses sources d’énergie primaire utilisées pour répondre aux besoins énergétiques dans une région géographique donnée. Il comprend les combustibles fossiles (pétrole, gaz naturel et charbon), l’énergie nucléaire, les déchets non renouvelables et les nombreuses sources d’énergie renouvelable (bois, biocarburant, hydroélectrique, éolien, solaire, géothermique, chaleur des pompes à chaleur, déchets renouvelables et biogaz).

Mix énergétique : énergie renouvelable

Mix énergétique : énergie renouvelable

Le but du mix énergétique

« Ces sources d’énergie primaire sont utilisées, par exemple, pour chauffer et refroidir dans l’immobilier, les bâtiments résidentiels et industriels. » dit Eric Lasery.
Pour chaque région ou pays, la composition du mix énergétique dépend :

  • La disponibilité de ressources utilisables au niveau national ou la possibilité de les importer.
  • L’ampleur et le type d’énergie doivent être atteints.
  • Des choix politiques déterminés par des facteurs historiques, économiques, sociaux, démographiques, environnementaux et géopolitiques.

Ces différences peuvent être appréciées en examinant les chiffres de production et de consommation pour chaque pays.

Exemples de mélanges d’énergie

L’influence de ces facteurs entraîne une forte variation du mix énergétique d’un pays à l’autre. Par exemple:
Le mix énergétique de la France en 2015 était composé à 42,5% d’énergie nucléaire, 30,6% de pétrole, 14,2% de gaz naturel, 3,3% de charbon et 9,4% d’énergies renouvelables et de déchets.

Parmi les sources d’énergie primaire renouvelables, le bois était encore le plus utilisé en France, avec 3,8% du mix énergétique, devant l’hydraulique, à environ 2%. L’éolien représentait 0,7% du mix, tandis que l’énergie solaire représentait 0,3%.

La chine : grand consommateur de charbon

La chine : grand consommateur de charbon

Mélange énergétique et processus de conversion

La Chine dépend fortement du charbon pour son développement. Selon Eric Lasery, la ressource représente actuellement 64% du mix énergétique domestique, mais il est prévu de le ramener à moins de 58% d’ici 2020.

La croissance de l’énergie nucléaire

Les énergies renouvelables représentent 11% et devraient atteindre 15% d’ici 2020. L’énergie nucléaire, tout en augmentant rapidement, ne représente encore que 1% du total.

Eric Lasery note que les chiffres du mix énergétique primaire ne correspondent pas aux chiffres de la consommation d’énergie finale. En effet, une partie assez importante de l’énergie primaire est perdue dans les processus de conversion pour générer de l’énergie secondaire.

La France, par exemple, a une consommation d’énergie primaire de 260 milliards de tonnes métriques d’équivalent pétrole (tep) mais une consommation d’énergie finale de seulement 162 milliards de tep.

L’énergie nucléaire en France

Cette perte énorme est due presque entièrement à la production d’énergie nucléaire, où une grande partie de l’énergie produite s’échappe dans l’atmosphère sous forme de chaleur. La consommation finale reflète la demande de produits pétroliers raffinés, de gaz naturel, d’électricité et de chaleur.

En France, la consommation finale en 2015 correspondait à 45% de produits pétroliers raffinés, 23% d’électricité, 19% de gaz naturel et 9% de chaleur.

Eric Lasery : la consommation d'énergie dan l'immobilier

Eric Lasery : la consommation d’énergie dan l’immobilier

Mélange d’énergie et mélange de production d’électricité

D’après Eric Lasery, le mix énergétique ne doit pas non plus être confondu avec l’énergie mixte, qui est le pourcentage des différentes sources d’énergie (énergies fossiles, nucléaire, hydraulique et autres énergies renouvelables) utilisées pour produire de l’électricité. Pour cette raison, il ne tient pas compte des problèmes liés à la consommation d’énergie dans les transports et l’immobilier.

En 2015, le mix de production d’électricité en France s’est décomposé comme suit:

  • Nucléaire: 72,4%
  • Hydroélectricité: 12%
  • Énergie renouvelable (hors hydroélectricité): 6,9%
  • Combustibles fossiles (gaz principalement): 8,6%

Le mélange de production d’énergie varie également considérablement d’un pays à l’autre.

Combustibles fossiles et crise pétrolière

Avec 67,8%, la part des énergies fossiles dans le mix énergétique aux Etats-Unis est huit fois plus élevée qu’en France, alors que la part de l’énergie nucléaire est quatre fois plus faible, à 19,4%.

Aux États-Unis, la part du charbon dans la production d’électricité a chuté de 50% en 2004 à 33% en 2015 en raison de l’augmentation de la production de gaz de schiste. La ressource peut cependant gagner du terrain en raison des politiques du charbon moins restrictives. Le développement de ressources d’hydrocarbures non conventionnelles est aligné sur la volonté de Washington d’obtenir une indépendance énergétique vis-à-vis des pays producteurs de pétrole et de gaz.

« Pour la même raison, la France a entrepris une importante transition énergétique après la crise pétrolière de 1973, choisissant d’investir massivement dans l’énergie nucléaire car elle manquait de réserves de pétrole et de gaz facilement exploitables. » souligne Eric Lasery.

Un mélange énergétique mondial dominé par les combustibles fossiles

Depuis la révolution industrielle, le développement a été largement alimenté par les combustibles fossiles. En 2014, le mix énergétique primaire mondial comprenait 31,3% de pétrole, 28,6% de charbon – prédominant dans la production mondiale d’électricité – et 21,2% de gaz naturel. L’énergie nucléaire représentait 4,8%, tandis que les énergies renouvelables et les déchets représentaient 14,1%.

Eric Lasery indique que la part des énergies renouvelables dans le mix est restée pratiquement stable au cours des quarante dernières années, autour de 14%.

Au cours des dernières décennies, la croissance démographique et l’expansion rapide dans des pays comme l’Inde, la Chine et le Brésil ont augmenté la demande d’énergie, malgré quelques creux dus aux crises pétrolières et à la récession économique de 2009 à 13,7 milliards de tep entre 2000 et 2014.